La philosophie d’action

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La sagesse des jardiniers : une philosophie et une méthode pour le plan de gestion

« Ensemble, nous décidons que la Terre est un seul et petit jardin » Gilles Clément, 1999

Au cœur de l’action du parcLAB se trouve une réflexion concernant l’évolution des modes d’entretien et de gestion, d’aménagement et de valorisation du parc des Coteaux. Un tel projet est complexe puisqu’il s’agit d’envisager de façon conjointe et enchevêtrée la protection de l’environnement, le maintien de la diversité des pratiques sociales et l’optimisation du rôle de gestionnaire des pouvoirs publics. Dans cette perspective et dans la continuité des actions jusqu’à présent menées, le parc LAB lance en 2015 l’étude La sagesse des jardiniers dont l’objectif est de poser les fondements philosophiques et les principes techniques d’un plan de gestion pour le parc des Coteaux. L’hypothèse fondatrice de ce projet est la suivante : le jardin et l’acte de jardiner constituent une source d’inspiration pour le plan de gestion du parc des Coteaux simplement par le fait que, par cet intermédiaire, se crée un lien sensible qui unit l’homme à son environnement. Le jardin et le jardinage ramènent en effet nos existences à cette question essentielle d’une certaine manière d’être au monde. A travers eux, se tisse entre l’homme et la nature une relation « d’amitié respectueuse »’ propice au développement d’une nouvelle démarche éthique. Dès lors, si l’on considère l’ensemble du parc des Coteaux comme un espace à jardiner, alors il convient d’y apporter la même attention bienveillante et les mêmes soins que ceux qu’un jardinier prodiguerait à son jardin.

Penser le parc des Coteaux comme un jardin et sa gestion comme un acte de jardinage n’a donc rien d’anodin. Tel que nous l’entendons ici, le jardinage ne peut en effet être considéré comme une simple opération d’entretien ou d’embellissement. Il s’agit plutôt d’un processus complexe fondé sur des allers-retours incessants entre observation et action. Jardiner consiste en premier lieu à examiner attentivement les lieux et notamment à considérer les interactions entre les milieux, le vivant (plantes, animaux, air, sol, eau, atmosphère) et les pratiques sociales (usagers réguliers et occasionnels, d’aujourd’hui et de demain). Dès lors, le rôle du jardinier consiste à interpréter ces interrelations et leurs dynamiques afin de choisir, en fonction des moyens à disposition, quelles actions mettre en œuvre. Sur la base de cette familiarité avec le réel, le jardinier choisit d’intervenir (ou pas) sur l’espace afin de favoriser la biodiversité, de mettre en valeur des vues ou un élément remarquable ou encore de favoriser le développement de pratiques sociales. Il observe ensuite les effets de ses actions et peut, le cas échéant, être amené à ajuster et réorienter ses manières de faire. « Mieux comprendre avant d’intervenir, observer pour agir, faire avec plutôt que contre la nature »’ résume l’orientation méthodologique de « La sagesse des jardiniers ».

« La sagesse des jardiniers » est donc une démarche qui vise à renouveler nos manières d’observer, d’être et de faire. Elle constitue une philosophie et un engagement qui guident nos interventions. Dans cette perspective, une action est considérée comme équitable, efficiente et durable si – comme nous l’indiquons dans le schéma ci-contre – elle est fondée sur un effort de dialogue avec l’ensemble des partenaires concernés et si, de manière transversale, elle contribue tout autant à préserver l’environnement et augmenter la biodiversité qu’à satisfaire les usages et favoriser la cohésion sociale.

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‘ André G. Haudricourt, 1962, Domestication des animaux, culture des plantes et traitement d’autrui in L’Homme, Volume 2, n°1, pp.40-50.

‘ Gilles Clément, 1999, Le jardin planétaire : réconcilier l’homme et la nature, Albin Michel, Paris.

 

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